HOMMAG

A ABBAS

« Il était un pilier de Magnum, le parrain de toute une génération de photojournalistes plus jeunes »

Thomas Dworzak

Le photojouranaliste français d’origine iranienne Attar Abbas est décédé ce mercredi 25 avril à Paris. Membre de l’agence Magnum depuis 1981, l’homme avait voué ses presque soixante ans de carrière à photographier les conflits : Biafra, Bangladesh, Vietnam, Moyen Orient en passant par l’Amérique du Sud et l’Afrique du Sud pendant l’Apartheid.

 

Le photographe gravait la lumière et signait des photographies en Noir et blanc incomparables.

En 1979, il suit la Révolution Iranienne du début à la fin, en la photographiant avec un regard de reporter et de ressortissant iranien à la fois. On gardera en tête ses images de femmes au Tchadors fumant des cigarettes entre elles dans les cafés de Téhéran, ou jouant au football, ou encore ses photographies de foule en délire et de manifestants devant l’ambassade américaine en 1979. Il quitte l’iran en après la révolution et s’en éloigne volontairement pendant 17 ans. C’est en 1997 seulement qu’il y retourne, et sortira par la suite son ouvrage Iran Diairy (1971-2001) récit de son histoire et de l’histoire de son pays. 

 

Il intègre l’agence Magnum en 1981, après être passé par Sipa et Gamma.

Il s’installera à Paris entre deux voyage, au Mexique notamment, où il retourne plusieurs fois depuis 1968, il y avait photographié les Jeux Olympiques (« Return to Mexico »)

 

Il se focalise tout au long de son oeuvre sur la question de la place de la religion dans la société et s’intéresse particulièrement à la montée de l’Islamisme, étude dont il fera l'ouvrage Allah O Akbar : A Journey Through Militant Islam (1987-1994). Il avait compris que « la vague de passion religieuse » qu’il avait expérimenté pendant le révolution en Iran, provoquée par le Mollah, allait « se répandre sur tout le monde musulman ».  Il se rend donc entre 1987 et 1994 dans de nombreux pays où l’Islam est en réapparition (Chine, Maroc). 

Puis il s’e penche sur le Christianisme dans les années 2000, et sort Faces of Christianity, a photographic journey, puis l’animisme, puis le bouddhisme et le judaïsme.

Il cherchait d’ailleurs surtout a comprendre le lien entre Dieu et les hommes et disait entretenir avec Dieu des relations « purement professionnelles ».

 

Enfin en 2017, il s’était beaucoup impliqué dans l’exposition Iran : année 38 dans l’eglise Sainte-Anne, lors des Rencontres de la photographie d’Arles.

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